Her
de Spike Jonze
Avec Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams
Sortie mars 2014

Theodore, solitaire, un brin dépressif, tente de combler un vide existentiel en conversant avec Sam, un être virtuel créé par un système d’exploitation.

Une affiche qui définit bien le dernier film de Spike Jonze : Joaquin Phoenix seul, Her présence incorporelle, la couleur vive.

 

Brillantissime Joaquin Phoenix à moustache qui prête ses traits à Theodore et porte ainsi à lui tout seul ce film au synopsis osé.
Après un retour en force au cinéma avec The Master (de Paul Thomas Anderson en 2012), il continue sur sa lancée en interprétant le personnage principal (presque unique) de Her. Donnant la réplique à un personnage virtuel via son oreillette, il fait vivre le film.

Incarné par la voix de Scarlett Johansson, Her, être virtuel reste invisible et n’apparaît que sous la forme d’une écriture « Call from Samantha » sur un smart phone. Pas de photo. Cette voix permet le dialogue, guide les actions de Theodore (prononcez Ssiodor dans un souffle sensuel), fait naître une nouvelle forme de relation. Un duo d’acteurs, une histoire d’amour, dont seul Joaquin Phoenix est présent à l’écran.

Spike Jonze réussit à donner à son film une palette de couleurs vives.
Le fond rose framboise de l’affiche, les chemises jaune ou orange de Theodore, les cloisons de son bureau en verre teinté… Ces touches colorées composent un environnement urbain apaisant (décor principal du film). La ville du futur est silencieuse, éclairée d’une lumière naturelle, dans des tons très clairs, presque surexposés (blanc ou gris très léger), elle ne créé pas des espaces de rencontres mais plutôt un beau fond dans lequel évoluent les personnages, chacun dans un univers personnel. Un peu comme un fond d’écran mac…

Malgré son aspect superficiel, Her est un film plus complexe qu’il n’y paraît. Il dépeint un futur très probable où le numérique et l’hyper-connectivité génèrent une nouvelle forme de solitude.