Biennale d’Art Contemporain de Lyon 2013 – 12ème édition
Entre-temps… brusquement et ensuite

La Sucrière

Voici 4 installations de la Biennale qui m’ont particulièrement marqué sur le site de la Sucrière.

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Tavares Strachan
The immeasurable Day Dream

Au moment où Gravity remplit les salles de cinéma, il va de soi d’évoquer l’histoire de Sally Ride, première femme cosmonaute américaine.

Tavares Strachan met en place 5 petits bureaux d’écolier face à 5 sculptures : un tableau véléda, un portait de Sally Ride composées de photos, un corps composé en néons, des pages de dictionnaire recouvertes d’illustrations… L’installation ne peut être vue dans son intégralité, elle demande au spectateur de se déplacer pour se découvrir au fur-et-à-mesure.
Comme un récit, un ouvrage littéraire, on récolte peu à peu les éléments qui évoquent cette héroïne oubliée et une partie de l’histoire de la conquête spatiale.

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Karl Haendel

People who don’t know they are Dead

À travers cette création, Karl Haendel évoque la tuerie d’Aurora* et son encrage dans la culture populaire américaine.

* Le 20 juillet 2012, lors de l’avant-première de Batman au États-Unis, J E Holmes fait irruption avec sa mitraillette dans la salle de projection, 12 personnes sont tuées, 58, blessées. Accaparé par le son du film d’action et les animations liées à un soir de première, le public n’aurait pas réagit immédiatement à l’intervention du tueur.

L’installation est composée de photographies, coupures de presse redessinées à grande échelle à la mine de plomb.
Une oeuvre qui s’appréhende comme une étude, une compilation d’archives, une enquête sur l’histoire de Holmes et de Batman, tous deux produits de la société américaine.

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Aleksandra Domanovic
Sans titre 2013

Des sculptures de papier : des feuilles A4, des ramettes de papier d’imprimante s’empilent pour créer une oeuvre imprimée en volume.
L’impression n’est plus sur la face de la feuille mais sur la tranche. Les piles forment une image parfois tronquée, dessin au contour, image en couleur… Le processus, les strates restent visibles, donnent du rythme et nous parlent de la durée, du temps.

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Jonathas de Andrade
40 black canddies is R$ 1.00

L’oeuvre de Jonathas de Andrade se compose en deux parties, deux narrations autour du Nêgo bom (« bonbon noir »), confiserie à base de banane très populaire au Nord Est du Brésil.

La première détaille les différentes étapes de la confection du Nêgo Bom, comme une recette avec des photos sérigraphiées et un texte court.

Ensuite, on s’attarde sur la fabrique et ses protagonistes. Chaque ouvrier, situé dans l’usine (grand panneau central) par sa profession à l’aide d’un numéro, est présenté à l’aide d’un portrait sérigraphié et par un texte sous forme de fiche individuelle.

À la manière d’un reportage, d’une documentation « quasi anthopologique », Jonathas de Andrade s’interroge sur la société brésilienne actuelle, une société post-escavagiste qui se veut un exemple de mixité.
Son travail journalistique autour d’une petite sucrerie, la fiction qui en résulte (et oui cette usine est pure fiction), met en évidence une nouvelle forme d’esclavage avec une industrialisation impossible de ce produit (dont la confection n’existe aujourd’hui que par le biais de l’artisanat), des salaires très bas, un racisme encore très présent.

 

Biennale d’Art Contemporain de Lyon 2013 – 12ème édition
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